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Oyez oyez
Les moussaillons de la coquille
JB cap'taine n°82 à la barre
Allons à la pêche aux NOMS DE POISSON
Par ici la « bonne bouillabaisse »
A savoir en faire un savoureux écrit à votre guise...
On se jette à l'eau !
En le voyant arriver, frais comme un gardon, rasé de près, la raie soigneusement dessinée sur le côté, Je sus immédiatement qu’il y avait anguille sous roche ! L’air enjoué, il me contemplait béatement et avait ce regard, que je lui connaissais bien, celui d’un pauvre merlan qui vient tout juste de frire ! Comment résister à cela !
« Hello sœurette ! Comment tu vas ! Sympa ta robe ! Dis donc, voilà une bien jolie roussette tout en beauté aujourd’hui ! »
Deux congres atulations condensées dans une seule phrase, tôt le matin, ça sentait le coup fourré ! Je le pratiquais depuis longtemps le babouatte ! Aucun doute possible, mon jeune frère, de dix ans mon cadet, avait visiblement quelque chose à me demander et tentait de me harponner, toupillant comme une truite affamée autour de l’asticot ! II avait l’art et la manière de m’emmener avec subtilité, exactement là où il voulait tout en me laissant à penser bien évidemment, qu’il me faisait un véritable cadeau ! Sans doute pensait-il que j’allais comme à mon habitude mordre bêtement à l’hameçon mais à force de me faire avoir, j’avais comme qui dirait, acquis une certaine clairvoyance ! Comment allait-il s’y prendre cette fois pour taquiner le goujon et brochet (r) le poisson ! A coup sûr, il allait redoubler d’astuces pour tenter de m’attirer dans les mailles de ses filets mais bien décidée à faire mariner le chabot dans sa flaque, l’arroseur allait être arrosé !
Levant à peine le nez de mon ordinateur, je lui accordai juste un sourire furtif en guise de bonjour et fis mine d’être à ferrer (affairée) ! Bien calée sur mon siège, l’œil fixé à mon écran, Je restai donc aussi muette qu’une carpe, me gardant bien de lui tendre la moindre petite perche !
« Au fait, me lança t-il innocemment, ça n’a pas marché pour la commande de ton synthé, le modèle parait-il ne se fait plus ! Il faudrait aller directement dans un magasin de musique pour être conseillé et avoir l’équivalence ! C’est plus sûr ! »
Bigre ! Il était sacrément fort le bougre ! Cela faisait plus de trois mois que je remuais ciel et terre pour trouver ce satané synthé et il me branchait, comme par hasard, sur ce sujet épineux et combien brûlant ! Je me sentis tout d’un coup très à l’étroit dans mes intentions telle une sardine boudinée dans sa boîte ! Forte de mes bonnes résolutions, je dus me contenter d’un long et douloureux soupir !
« Ecoute, reprit-il en l’absence de réponse, je vais en train demain sur Rennes et j’ai vu sur internet qu’il avait un modèle assez ressemblant et très performant au hall de musique ! Je peux me renseigner si tu veux? Eventuellement le commander ?
Grrrrr !!!! Le bateau prenait désespérément l’eau, je le sentais bien, tant l’envie d’en savoir plus me gagnait ! Qu’allait-il faire à Rennes ? Pourquoi allait-il en train et non en voiture ! Où était le piège et où voulait-il en venir ! Dans un ultime dépassement, la carpe faisant taire sa curiosité urticante, eût un léger haussement d’épaule !
« Mon tacot est en panne, renchérit-il, poursuivant sans aucune défaillance son joyeux monologue ! Dommage ! J’aurais pu te le ramener et tu l’aurais eu à Noël! En train avec ma guitare et ma valise, ça ne va pas le faire ! Il est trop encombrant !
Cette fois c’en était trop! Le navire sombrait complètement et le capitaine- désolée Jill- s’apprêtait lamentablement à quitter la croisière! Je n’allais quand même pas laisser passer une si belle occasion ! En moins de temps qu’il ne fallut pour le dire, je rompis le silence, mis le turbot pour regagner la rive et entre deux brasses, lui proposai ma voiture tout en lui tendant les clefs !
« T’es sûr, s’exclama t-i, déjà l’œil vif et la mine réjouie ! Je ne voudrais pas te priver et te plomber ta journée !
« Certaine ! D’ailleurs je ne comptais pas bouger ! » Me surpris-je à lui répondre en virant d'un seul coup au rouge homard !
« En fin de compte, renchérit-il, je vais peut être partir aujourd’hui, ça me laissera plus de temps !
Une fois de plus je me faisais avoir en beauté ! Il se défendait bien le beau diable et était gaillardement arrivé à ses fins ! Mais qu’allait-il faire à Rennes ! Ma poussée urticante me reprenait exacerbant ma curiosité !
« Ah, je ne te l’ai pas dit me répondit-il, d’un ton très dégagé ! Euh ! J’ai une nouvelle copine ! Allez à lundi, 8 heures pétantes avec le synthé ! Bisous aux enfants !
Je l’avais mon explication et la boucle était définitivement bouclée !
Une superbe tête à queue ou une histoire qui finit en queue de poisson au choix ! Je dois reconnaître que sa sortie, si je puis dire, fût fort réussie et me laissa sans voix, tandis que la mienne quelque peu compromise ! Sans bagnole, avec ma gueule de raie des mauvais jours, accrochée comme une bernique à mon rocher, j’eus tout le loisir de ressasser …
Alors !
Parole de Supion, même si je seiche encore un peu aujourd’hui, quant à la stratégie à suivre :
« Je l’aurai un jour ! Je l’eau Raie ! »
(suggestion de Jill pour ce dernier mot)
Chloé
Lien:JILL