Thème proposé par Milletune
Mot à placer: rémanence
Elémentaire mon cher Watson
" Clin d'oeil à Végas"
Un vieux banc délabré, un peu dur de la corne, dressa haut pavillon, sur les bords de l’orne quand à la nuit tombée, charolaises aux pieds, s’installa à son bord une sorte de Sherlock Holmes, du genre gratte papier. D’humeur quelque peu tatillonne, l’homme, excité comme une chips qui va se faire croquer, posa sur le branchu à présent recyclé, son auguste fessier.
« Approchez mon cher Watson!» s’exclama t-il soudain, trouvant en ce vieux banc une sorte d’exutoire pour libérer sa plume mais aussi sa pensée. « Ça c’est passé comme je vous dis, ici même ! Observez mon ami la trame de ce bois, les nœuds rabibochés qui montrent là l’essence de deux bois différents…Ne sentez vous pas là, la rémanence des lieux ?»
Le scribouillard se parlait à lui-même, s’inventant un binôme, histoire de converser. Tantôt assis, tantôt debout, il arpentait le sol, l’échine du vieux banc, mâchouillant tour à tour sa pipe et son stylo.
Le banc se fit grinçant et se mit à couiner, commençant à céder sous le poids des idées et d’une tonne de papiers.
« Articulez mon cher, activez vos neurone, je n’entrave plus que couic »
En de grandes enjambées et d’envolées lyriques usant de métaphores, d’emphases, de rhétoriques, le détective privé, loin de botter en touche, fouinait, et prospectait, labourant de ses pieds le tissu végétal de ce pauvre feuillu déjà fort malmené.
A force de fureter et de tergiverser, cherchant là une aiguille dans des bottes de paille, il finit par trouver, l’indice tant convoité.
En deux cuillères à pot l’affaire fut bouclée. L’énigme élucidée, notre gratte papier leva donc son fessier en laissant au vieux banc, à présent tatoué de l’empreinte de ses pieds… Le fardeau d’ses idées et …Une tonne de papiers.
« Elémentaire mon cher Watson ! »
