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blog d'écriture Chloé Noura

Ecrire tout Z'azimut.:poésies, jeux de mots; textes, défis d'écriture; contes, contes musicaux,coups de cœur, humeur du jour, coups de gueule...

Nouvelle : Mi figue- mi raisin

Publié le 5 Janvier 2012 par chloé in Nouvelles

          

  Chapitre 1

Mi figue- mi raisin

 

 

 

 


bébé

 

Alors que je me débattais en vain dans le liquide amniotique de ma mère cherchant désespérément la sortie, je vis donc précipitamment le jour par l’issue de secours ! A mon arrivée,  mon père en chaussons, réveillé à une heure indélicate de la nuit me jeta un regard  désappointé en  laissant échapper avec une grande spontanéité  un  « bordel de  merde, encore une fille ! »  D’un point de vue psychanalytique, le bébé étant à présent une personne et comprenant tout,  mon histoire démarrait mal !

 

     Prédestinée alors  dès le berceau à développer  au mieux une bonne névrose mais ne pouvant revenir à la case départ,  je pris le parti de rester.  Certains naissent dans les choux, d’autres dans les roses, moi j’émergeais  en eau trouble!

 

    Bien que mon anatomie affichait le contraire je fus, jusqu’à la fameuse "mue des homards"  la copie conforme de ce rejeton mâle  tant convoité par mon paternel ! Maman, solidarité féminine émergeant, fût au contraire ravie de cette nouvelle alliance  en devenir ce qui me compliqua ostensiblement la tâche!

 

    Ne voulant éveiller l’irritabilité ni de l’un ni de l’autre, je fis donc avec ces ingrédients, au grand désespoir  de Yéyé ma sœur qui en perdait son latin, un savant mélange dont je suis seule à connaître le secret!

 

 

Dans cet amalgame succulent mais combien délictueux j’étais, moi qui ne savais pourtant pas nager, comme un poisson dans l’eau ! Avec brio, je passais de mes jupes plissées à petits carreaux blancs et noirs, au short délavé  assorti à mes bottes de plage, troquant dans une légèreté absolue le missel du dimanche contre la vieille bécane rouillée et bien trop grande pour moi de mon  père. 

 

 

 

     Du haut de mes quelques centimètres, bien loin en core de toutes ces hautes considérations intello- psychanalytiques, j’évoluais gaiment dans cette joyeuse mixture et  je m’y retrouvais! Pas de conflits intérieurs, même pas l’ombre d’un questionnement, tout s’harmonisait sans aucun effort de ma part. Ma crise existentielle passée, Je sus beaucoup plus tard que j’étais en fait l’assortiment  agrémenté, d’épices très personnelles, de ces deux êtres chers qui sans le savoir, n’en étais-je pas la preuve, (lol !) s’accommodaient fort bien!

 

 

 

 

 Chapitre 2

Le temps des couches culottes

 

 

 

 

 

bébé

 

 

 

 

 

   Dans  la période «  emmaillotement » saucissonnée comme une andouille sans pouvoir prendre mon pied, j’imagine me connaissant,  que je dressais déjà des plans sur la comète,  histoire de rompre la routine! Une fois libérée de mes langes, dans mes premiers balbutiements, ne me restait plus qu’à rattraper le retard  ayant déjà  en tête une multitude de projets! Bien que je ne garde de cette époque que les images un peu floues  d’un pan de mur de bois, des rubans bleus flottant dans les cheveux  de ma sœur Yéyé, de la barboteuse de mon cousin J.P  et d’un vieux pépé Guilchet se penchant sans doute sur mon berceau, aux  dires de maman ce premier marathon fût un succès: ma courbe de poids était bonne, mon quotient intellectuel  normal, jamais malade toujours contente et mis à part que je suçais mon pouce et risquais d'avoir les dents en avant, tout allait pour le mieux dans le meilleurs du monde. 

 

     En grandissant ma vie de bébé allait bon train et je  savourais avec gourmandise les ballades du dimanche en famille, ravie de retrouver pour l’occasion, mes cousins et cousines, mon oncle Pierrot et ma tante Jeannette, Robert et  Germain les amis de la famille... Dans cette joyeuse cacophonie des couches culottes, sillonnant tantôt les rues du Faouët, les Halles,  les allées de boules, tantôt la rivière de L’Ellé  allant du  grand pont jusqu’à Sainte Barbe, la vie était douce et tranquille.

 

     Chaque équipée était ensuite couronnée d'un goûter fastueux chez nos grands parents paternels. Joliment dressés sur la grande table, nous attendai ent les crêpes, le pain sucré et les succulentes  crème à la vanille  dont grand-mère seule avait le secret! Servie dans de magnifiques coupelles  japonaises en porcelaine, dans un silence presque cérémonial où l’on ne percevait plus que le bruit régulier de nos  cuillères, nous n’étions plus que des petits ventres sur pattes dégustant gloutonnement une œuvre d’art. A peine emplis de toute ces béatitudes flottait déjà dans  l'air pour le repas du soir, l'odeur des petites pommes  de terre dorées frémissant délicatement dans le grand chaudron noir posé sur le fourneau!

 

   Pendant que les grands conversaient autour du café,  grand-père occupait la marmaille, nous faisant tour à tour sauter sur ses genoux. Dans la bonne humeur c onstante qui était toujours la sienne, il nous racontait inlassablement sans jamais se tarir, l' histoire gravée dans mon souvenir de « Marie trempe ton pain dans la soupe » Comme à son habitude, mémé ronchonnait toute seule dans son coin. L'insouciance de la jeunesse à laquelle se rajoutaient nos babillages, mettaient sans doute à mal son organisation millimétrée ce qui avaient le don de l'agacer! La table débarrassée, commençaient  pour les adultes, les incontournables partie de belote et pour nous le début des festivités! En quête de nos premières  croisades, la tribu au complet des " indiana Jones" en couches culottes pouvait enfin se mettre à pied d'œuvre et se lancer avec excitation et fébrilité dans l'exploration de la cave sombre et peu rassurante, de la vieille écurie et du  jardin interdit mais combien attrayant  du voisin d'à côté.

bébé 

    La semaine, je présume devait être p lus calme. Papa allait à son travail, yéyé à l’école et moi j’avais maman à moi toute seule! Avec ses cheveux mi longs, légèrement rehaussés d’un peigne de chaque côté, toujours aimante, attentive et à nos petits soins, j’imagine qu’elle me chantait de sa voix douce et mélodieuse, le rêve bleu ou ma petite fille adorée ou peut être les yeux de maman sont des étoiles, airs si chers  à mon enfance ,  que j’ai  moi mêm e fredonnés ensuite à mes enfants et petits enfants.       

 

 

 

 

 
 
Commenter cet article

pimprenelle 02/11/2012 17:07

J'ai vu qu'il y a une suite et donc je vais me précipiter dessus ayant aimé cette nouvelle et m'étant un peu reconnue, sauf le côté soeur puisque la mienne est arrivée après.

chloé 03/11/2012 16:35



Contente que tu aimes et que tu te retrouves un peu dans mes mots!J'avais envie de légèreté alors j'ai opté pour l'humour! J'ai plein de choses à finir le tout est de trouver le temps pour se
poser et reprendre le cours des choses! Le temps! toujours le temps! La vie passe trop vite! Merci à toi de m'avoir lue! Chloé