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blog d'écriture Chloé Noura

Ecrire tout Z'azimut.:poésies, jeux de mots; textes, défis d'écriture; contes, contes musicaux,coups de cœur, humeur du jour, coups de gueule...

Défis N° 83 sur le thème de l'orage proposé par Manette: Perdue au milieu de nulle part. chloé

Publié le 11 Juin 2012 par chloé in Essais d'écriture

   orage-en-montagne.jpg

   Photo de Benoit Danieau

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       Ce jour là, je dois dire que mon humeur était aussi maussade que le temps ! Le ciel Finistérien en plein mois de juin,  était une fois de plus peu prometteur et  l’envie de vacances en Corse me gagna soudainement et ne me quitta plus ! Mon mari, accroché comme un bernique à son rocher, prétexta mille raisons pour ne pas quitter sa campagne profonde : il avait entrepris des travaux dans la maison et voulait les finir ;  avait   à s’occuper du jardin ; il fallait caser le chien, le  chat,   la chèvre, les poissons rouges… Bref mille prétextes pour ne pas partir ! Cela eut sans doute le don de m’agacer et sur un coup de tête,  c’était une première dans notre couple conjugale, déterminée , je décidai d'entreprendre  seule ce voyage !


      Malgré quelques appréhensions au moment du départ et quelques agacements sur le Ferry, vite oubliés tant le ciel devenait lumineux, l’arrivée à Ajaccio se fit sans problème et je pris donc place à la résidence des calanques,  sous un soleil radieux !  Les jours passaient  incroyablement vite ! L’île de beauté « un galet rose posé  sur la méditerranée » (St Exupéry)  portait magnifiquement  bien son nom et j’étais sous le charme ! Baies, falaises crayeuses sculptées par les embruns, senteurs odorantes du maquis,  offraient un bouquet de couleurs où s’harmonisaient le rosé graniteux de la roche avec le  bleuté de la mer.  Comme il avait eu tort de ne pas me suivre !


          Au matin du quatrième jour, après avoir  sillonné les petites plages sablonneuses du golf d’Ajaccio, et visité les villages et musées  avoisinants, je pris la route de Bonifacio. La ville, chargée d’histoire,  installée sur un promontoire rocheux de calcaire blanc, abritait  dans ses moindres recoins, un patrimoine de trésors et vestiges culturels et architecturaux, hors du commun  ! Des ruelles étroites,  entièrement pavées,  jalonnées de  maisons très anciennes  tout en hauteur conduisaient  au sommet de la citadelle,  offrant la vue d’une mer bleue turquoise, frappant avec volupté  les pieds blanchis des gigantesques falaises.  Vu d’en bas,  la vision de ces maisons agglutinées au bord de parois érodés par la mer, était impressionnante !


     L’après -midi, après avoir goûté aux spécialités locales du pays et écrit quelques cartes postale, je pris la direction du Port.  Absorbée  par  l’animation qui régnait dans la rade et le ballet somptueux  des voiliers et bateaux de plaisance  se déployant majestueusement sur la mer,  je ne  vis pas  le temps passer ! Le ciel en fin de journée, sans que j’y prenne garde, s’était assombri et il   devenait urgent de reprendre la route !

 

     Sur le chemin du retour, alors que le jour  commençait à décliner, la pluie s’invita sans prévenir  et ma voiture comble de tout, donna quelques signes de faiblesse, m’obligeant à m’arrêter dans un petit chemin de traverse ! A la pluie succéda, les  averses de grêles,  tambourinant avec véhémence et fracas   sur ma Clio, auxquelles se rajoutèrent rapidement, les éclairs  et  grondements  de plus en plus fréquents et déraisonnables de l’orage ! Ma voiture était définitivement en panne !  L’air devint soudainement  lourd,  oppressant et la nuit noire L’idée  même  de me hasarder seule dans la nuit, munie de ma torche, pour éventuellement trouver de l’aide,  ne m’effleura pas,  tant la peur me gagna.  J’étais perdue au milieu de nulle part, à plus d’une cinquante kilomètres d’Ajaccio, avec un portable que j’avais omis de recharger et personne ne savait que j’étais là ! En plein scénario catastrophe, je me mis à imaginer le pire. Malgré l’angoisse,  je pris néanmoins sur moi pour tenter de retrouver mon calme, me disant que les éléments allaient finir par se calmer, mais il n’en fût rien !


      L'orage grondait de plus belle!  L’oreille tendue, sursautant au moindre bruit, il me sembla au milieu de la nuit,  percevoir une sorte de grognement sinistre, accompagné de piétinements et  bruits de fond que je n’arrivais pas à identifier ! Scrutant l’horizon, dans la luminosité aveuglante des éclairs, je crus apercevoir   alors à quelques centaines de mètre de moi, une silhouette informe, gesticulant dans tous les sens, qui se déployait dans les airs, au milieu d’ombres  inquiétantes et diffuses !   Enfermée à double tour dans ma voiture, enfouie a demi sous mon siège, j’eus alors l’impression que ce magma de choses nfâmes s’approchait de moi !  J’étais en plein psycho-sérial- killer et attendais immobile  l’inéluctable ! Quelle idiote j’avais étée de m’être ainsi aventurée seule dans ce voyage, moi qui avait peur de tout et n’était pas fichu capable, on me l’avait  assez répété, de changer une roue, de détecter la moindre panne ou pire encore de penser à recharger mon portable ! Ils allaient bien se marrer tous à la maison quand  ils auraient vent de cette histoire, encore fallait-il que je puisse survivre à cette apothéose, pour la leur raconter !


         Fort heureusement pour moi,  rien de ce genre  ne se passa ! Les ombres et bruits,  sans doute objets de mes hallucinations, s’étaient dissipées et l’orage semblait lui aussi peu à peu se calmer ! Quelle idée et comme j’étais stupide ! Qui pouvait avoir idée de se balader  en pleine nuit avec un temps pareil ! La raison par le fait  se montra moins vacillante et refit peu à peu surface ! Le jour allait finir par se lever, Il me restait deux jours de vacances et cet incident n’allait pas tout gâcher !


      M’enveloppant dans le sac de couchage que j’avais toujours sur la banquette arrière, l’orgueil à nouveau relevé, je pris donc le parti d’attendre patiemment et finis par m’assoupir ! Au lever du jour, un coq enroué à l’accent corse, suivi d’un tapotement sur le carreau de ma voiture, me sortirent instamment de mon demi -sommeil ! Une jeune femme vêtue d’un grand ciré à capuche, portant dans ses bras  une sorte de  jeune sanglier sauvage, se tenait devant moi !

 

- « Saluté ! Vous êtes en panne me lança t’elle ? Il me semblait bien avoir aperçu une voiture stationnée dans le chemin, quand je suis allée mettre mes moutons à l’abri cette nuit  mais avec l’orage  n'y voyant pas grand chose je n'ai  pas voulu m'attarder ! Ne restez pas là, rentrez vous réchauffer ! N’ayez crainte rajouta t-elle, me voyant hésitante, Oscar est inoffensif !

 

 

       Les formes, les ombres dans la nuit, c’était donc cela ! Le ridicule de la situation, malgré la honte qui me remontait aux joues,  me fit quelque peu sourire mais je me gardai bien, au moment du récit, d’en faire la moindre allusion ! La surprise fût totale et le pourpre s’intensifia sur mon visage, quand je découvris, que Cathy, la jeune bergère, tenait en fait un gîte avec chambres d’hôtes,  à deux pas de l’endroit où je m’étais arrêtée ! La panne s’avéra sans gravité ! Antone, son compagnon,  avec gentillesse me la répara et je pus repartir.

 

     Bien évidemment, mon mari ne sut jamais le détail de cette nuit là l Il constata juste, au regard de ce que je voulus bien lui raconter, que j’avais avec brio assuré, puisque revenu sans encombre au bercail, ce qui ne manqua pas tout de même de l’épater !

 

 

  Chloé




 Manettelink 

 

 

 

Commenter cet article

pimprenelle 15/06/2012 23:04

Je vois ! Cachoteries vénielles au mari et tu te fais passer pour une super woman !
La rigolade en te lisant. Excellent la chute avec la bergère.
Merci Chloé, je m'y suis crue.
Bonne soirée.

chloé 16/06/2012 07:19



Grand merci à toi Pimprenelle de ton passage et com! Oui super woman, en théorie, dans les écrits ce qui est bien c'est qu'on peut tourner les choses à son avantage, alors j'en profite un peu!
Hi!hi! hi! Voyage virtuel mais jolie balade tout de même,  je m'y suis crue moi aussi! Bon matin à toi et belle journée aussi! Bises Chloé



Tricôtine 14/06/2012 21:33

L'honneur est sauf ... une belle mauvaise foi envers le mari cloué à son logis !! na !! :0) dommage d'avoir manqué le gîte et le couvert chez l'habitant pour quelques mètres de toison ondulant dans
la nuit ! super récit Chloé: j'ai vécu l'aventure grâce à ton écriture pleine d'images !! gros bizzoux sur ce passage "éclair"

chloé 14/06/2012 23:29



Merci à toi Tricôtine, ça me manquait! Je continue à aller régulièrement sur ton blog !  J'espère que tout va bien pour toi et que tout va dans le bon sens (projet). reviens nous vite avec
plein de belles choses à nous faire partager! Gros bisous aussi! Chloé



Mony 13/06/2012 16:07

Un voyage virtuel qui donne l'envie de connaître la Corse avec ses orages... ou pas .

chloé 13/06/2012 16:18



S'il te donne l'envie alors c'est qu'il n'est pas trop mal réussi! C'ést pas évident quand on ne connait pas la Corse mais les recherches, les images , l'histoire et patrimoine m'ont transportée
et j'ai fait de belles balades et découvertes! Bonne journée à toi et merci de ta visite. chloé



Hauteclaire 12/06/2012 21:24

Bonsoir Chloé,
le principal, à savoir l'honneur, est sauf pour ton héroïne !
J'ai beaucoup aimé ta description, l'ambiance de ton récit et cette nuit en voiture qui se termine bien.
Bises, merci pour ce moment sous l'orage

chloé 12/06/2012 23:11



Oui comme tu dis, la fierté a relevé le nez, ça c'est bien moi ! Tout le reste est fiction puique je n'ai jamais hélas été en Corse! J'ai aimé néanmoins faire ce voyage virtuel qui j'espère
deviendra un jour bien réel! j'en rêve! merci de ton passage et de ton commentaire! bonne soirée. Chloé



Marie de Cabardouche- 12/06/2012 18:04

Récit bien documenté qui donne envie d'aller voir de plus près à quoi ressemble ce galet rosé!
J'ai bien aimé le coq a l'accent corse!

chloé 12/06/2012 20:56



Merci à toi, Marie! Oui pas évident d'écrire sur La Corse quand on ne connait pas! voyage virtuel, certes, sur lequel je me suis quelque peu attardée, subjuguée par les images et l'histoire et
patrimoine de la Corse! Bonne soirée. Chloé